Haïku

 

Une légende japonaise raconte que les premiers "haïkus" (des poèmes traditionnels très courts) furent écrits il y a très longtemps par le fils d'un illustre empereur. Dénigré par son père qui le trouvait gros et paresseux, il aurait suivi l'enseignement d'un maître auprès duquel il aurait découvert cette manière d'exprimer les réalités les plus simples pour les laisser ensuite résonner à l'intérieur de nous. Devenu empereur à son tour, il continua à cultiver ses petits poèmes comme "les fleurs légères, [posées] sur la fenêtre, [qui écartent un peu] les lourds volets du pouvoir".

 

 

Haïku

 

Du haut vers le bas, s'il vous plait,

Lever du jour
brumes du mont
ce qui nous reste

Tailleur de pierres
cueille une fleur
ô mon amour

Jardin d'hiver
une voix d'insecte
sur fil de lune

Un vieil étang
une grenouille plonge
le bruit de l'eau

J'ai déjà dit
je me souviens
fin d'une année

Piment vert
pique mes yeux
embrasse-moi

Une pensée le touche
il disparaît
mystère du sage

Une petite chose
qu'on appelle Moi
vastes jardins

Un peu ivre
le pas léger
dans le vent du soir