Le Pays de Plus Loin

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" Ensuite ? Et bien, au début, mon but était de rejoindre une caravane d'Emisaï et de les accompagner dans leurs voyages. Mais ceux que j'ai croisés ont toujours refusé.
En fait, j'ai appris par la suite que les Emisaï étaient un peuple souvent méprisé, voire détesté par la plupart des autres peuples des Terres Australes. Ils étaient flattés de voir le respect que je leur portais mais ils ne voulaient pas accepter un étranger parmi eux. Cela ne leur aurait attiré que des problèmes, ainsi qu'à moi.
Néanmoins, l'un d'eux m'expliqua que, si les Emisaï s'occupaient de faire du commerce dans les campagnes, le commerce des villes, lui, était tenu surtout par des Haràn ou des Hodin : des peuples auxquels je n'aurais aucun mal à m'associer. Cet Emisaï s'appelait Ar et il m'indiqua la route de la ville de Mentem-Ba. "

 

 

 

" Dans mon enfance, Mentem-Ba était vraiment "ailleurs" : c'était une ville dont j'avais beaucoup entendu parler mais que je n'avais encore jamais vue. Le jour où j'y suis entré, je me suis aperçu que cette ville n'avait rien à voir avec tout ce que j'avais pu imaginer...
Je pensais que, contrairement à mon village, toutes les villes étaient construites avec de grands bâtiments en pierres blanches ; que les rues y étaient propres et les habitants bien habillés. En fait, Mentem-Ba était une ville surtout faite de bois et de boue.
En dehors du quartier central qui entourait le palais du gouverneur, toutes les rues étaient occupées par des marchands et des artisans qui travaillaient à un rythme frénétique, sans se soucier vraiment de la propreté des rues ou de l'élégance de leurs vêtements. La ville hurlait et se bousculait dans tous les sens comme un immense marché : le plus grand que l'on puisse imaginer.
Tous les produits du monde étaient rassemblés là pour être ensuite revendus et redistribués à travers tout le pays. C'était là que les Emisaï venaient approvisionner leurs caravanes. L'un d'entre eux m'expliqua que Mentem-Ba était la plus grande ville de toutes les plaines de Ba. Elle avait l'avantage d'être traversée par le fleuve Elipo et d'être le point de rencontre de toutes les grandes routes qui traversaient les plaines de Ba : tous les chemins de la région menaient aux marchés de Mentem-Ba. Tous les peuples y cohabitaient dans la frénésie du commerce.
Et c'était donc cela le pays de "ailleurs" qui s'étendait au-delà de ma rivière : une immense plaine au centre de laquelle une grande cité aspirait toutes les richesses et faisait vivre les routes du commerce. "

Dernière mise à jour de cette page le 02/02/2009

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